Nous sommes Charlie

Site censuré

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De part la loi no2014-1353 du 13 novembre 2014, ce site est censuré pour les raisons suivantes :

Vous avez 24 h pour vous y opposer.

Vers une alternative aux partis politiques ?

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Il y a eu un petit débat sur Diaspora pour savoir si le tirage au sort est pertinent. J’ai proposé une autre voie à étudier : celle de la sociocratie. En gros, pas de campagne électorale : on vote pour les personnes qu’on juge le plus apte à faire un travail.
Désolé pour la qualité, mais j'ai perdu l'original, en supprimant sans faire exprès :/
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ÉDIT :
Bon, je vais dire le fond de ma pensée sur Chouard. En soi, l’analyse n’est pas mauvaise : le système est malade certes. Mais sa vision est un peu trop manichéenne. Le bon peuple, les méchants dirigeant (même qu’on a pas confiance en eux car trop d’égo, sur ce point, il a raison, il y a un problème d’égo). Cette opposition est la définition même du populisme. Sérieusement. Après je suis d’accord qu’il faut changer le système. Mais le tirage au sort est-il la meilleure solution ? Je ne le pense pas. La vraie solution est la concertation, afin que l’étincelle de la vérité puissent apparaître en frottant des idées différentes. Mais bon, dans un monde où l’individualité est roi, difficile de faire l’unité ! Vous devez vous changer pour changer le monde, point. N’importe quel système est bon, même le despotisme, si s’est basé sur des valeurs nobles comme la justice. Je préfère un tyran éclairé qu’un démocrate corrompu.
ÉDIT 2 :
Plus le temps passe et plus je me dis qu'un tyran éclairé, en fait, c'est vachement bien. Non sérieusement ! Quand on entend le discours de certains, raciste, antisémite, une économie de bistrot, une analyse géopolitique découpé à la hache (quoi, les méchants musulmans étrangers qui veulent conquérir la Très-Sainte-Europe-Très-Chrétienne), j'ai juste un peu peur. Avant de vouloir faire une démocratie, il faut éduquer les masses. Ouais, j'en ai déjà parlé dans un article mais bon. Sans éducation rien. Si le M1D s'accompagne d'éducation populaire (= pas élitiste, accessible à tous), why not. Sinon le phénomène sera reprit par une élite. Comme pour TOUTES les révolutions. C'est aussi simple que ça.

EDIT 3:
Napoléon était l'homme providentiel, le sauveur de la révolution. Résultat ? Un empire.

De Gaulle était l'homme providentiel, le sauveur du pays face à l'impérialiste nazi. Résultat ? Un monarche républicain.

Sarkozy était l'homme providentiel. Résultat ? Un pays en ruine.

Un seul moyen de sortir de ça ? La CONCERTATION. L'homme providentiel n'existe pas. Pour sortir d'une crise, une seule solution : la solidarité. Et elle passe par un grand débat.

Or la démocratie est un exercice périlleux. Il nécessite une certaine forme de maturité. En effet, il consiste à remettre entre les mains du peuple son destin. La question n'est pas de savoir comment apporter la démocratie, mais si on veut de cette démocratie. La France, et les autres pays, sortent de plusieurs milliers d'années d'une autocratie. Quand on demande aux personnes de se prendre en main, ils disent que c'est trop compliqué, qu'ils ont pas envie de réfléchir, qu'on doit décider pour eux. S'ils veulent pas réfléchir, plusieurs raisons à ce problème : ils savent pas ou n'ont pas toutes les clés en main.

C'est bien beau de vouloir refonder le système, mais avant de réinventer la roue, il faut éduquer les foules à prendre leur destin en main. La vraie question, c'est de savoir s'ils veulent être libre. Et y répondre n'est pas évident !

Volivent, un groupe de musique qui déchire !

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Je suis tombé sur un petit groupe de musique, Volivent. Ils reprennent des morceaux traditionnels suédois et russes. Interprétation à la flûte traversière et au nyckelharpa, une sorte de violon scandinave. Un vrai régal.



Mon futur ?

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Écrit par le schyzophrene asynchrone
J’arrive à un âge où l’on me demande de choisir ce que je veux faire. Je passe donc beaucoup de temps à imaginer ma vie à trente, trente-cinq ans, et comment j’aimerais quelle soit. Voici ce qui en sort.

Je vois une maison en pierre à flanc de montagne. Il fait beau à l’extérieur, tandis que l’intérieur est sombre, les pierres étant jusqu’à preuve du contraire relativement opaques. Les murs sont totalement cachés par de grandes étagères remplies de livres. Chacun d’eux est une édition originale de 1857, quand bien même il aurait été publié pour la première fois en 2004. L’ensemble de cette bibliothèque personnelle est une preuve incontestable de la véracité des dires d’Aristote quant à la génération spontanée appliquée aux livres.
Pour conserver une atmosphère chaleureuse, l’ensemble est éclairé par un certain nombre de lampes de chevet qui seraient de style Louis XV si Louis XV avait eu des lampes de chevet. Leur alimentation est assurée par l’improbable absence de tout type de générateur d’électricité, chose tellement improbable qu’elle ne pouvait qu’avoir lieu. Imaginez deux secondes un appareil électrique fonctionnant justement parce qu’il n’est pas alimenté, c’est le rêve devenu réalité de tout écologiste qui se respecte, et la mort d’EDF au passage, mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir.
Voici donc le décor dans lequel j’aimerais évoluer. Quid de ma profession ?
Et bien figurez-vous que suite à une succession louche d’événements suspects, mettant en scène un nombre non négligeable de personnalités politiques suspectes, le revenu de base fut voté avec une louche majorité écrasante à l’Assemblé National.
J’ai donc tout l’argent nécessaire pour subvenir à mes impôts locaux et peux donc passer mon temps libre, lequel occupe d’ailleurs la totalité de celui à ma disposition, à lire des livres dans leur édition d’origine de 1857 et à rédiger des textes comme celui-ci, qui ne mènent à rien mais ont au moins le mérite de me tenir occupé pendant un après-midi nuageux qui aurait sinon été passé à tourner en rond, tel un manchot unijambiste.
Concernant mes besoins vitaux, comme manger, boire et surfer sur internet, ceux-ci sont totalement comblés par, respectivement, un petit potager à côté de la maison qui, s’inspirant de ma bibliothèque, maniait la génération spontanée avec une aisance à faire pâlir les tomates qui y poussaient; un système de récupération d’eau de pluie que les nuages ont la bonté d’arroser en permanence, épargnant le reste de mon habitation ; et un astucieux « crackage » de la connexion wifi de mon voisin le plus proche – quatre kilomètres ! – lequel utilise toujours une clef de sécurité WEP.
En bref, une vie d’ermite tranquille, avec toute la littérature existante et ayant existé à portée de main et un voisin possédant la seule Livebox au monde dont le wifi porte à quatre kilomètres à la ronde et dont le SSID se trouve être « Livebox-H2G2 »
C’est beau les rêves…

la République n’est-elle plus que l’ombre d’elle-même ?

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Ce dimanche, je serai un grand garçon. Mes premières élections. Je peux enfin voter, après des années à suivre le débat public, sans trop agir. Un mélange d’excitation, mais aussi de crainte et de peur s’empare de mon esprit.

Dans ma conception, le vote est quelque chose de sacré et inaliénable. J’ai conscience des siècles de luttes pour avoir ce privilège. Des hommes et des femmes qui se sont soulevés, pour combattre la tyrannie, et pouvoir prendre en main leur destin.

J’ai grandi dans une famille qui m’a permis de réfléchir dans le monde qui m’entoure. C’est un atout considérable. Après tout, j’ai pu développer un esprit critique. Ne pas gober la litanie insane que diffusent les JT. Ma nature curieuse me pousse à savoir toujours plus, à chercher à comprendre.
J’ai encore les images des débats mouvementés à l’Assemblée nationale du début du siècle dernier. Vous savez, là où on opposait de grandes idées, où tout est question de joute verbale. Les meilleurs arguments. Pour moi, le débat est comme un silex : en frottant des idées opposées et diverses, apparaît l’étincelle de la vérité.

Mais, depuis quelques années, il y a quelque chose de malsain qui s’installe. L’ego s’immisce, tel un poison, dans les rouages de notre belle République. On a un choix entre blanc bonnet et bonnet blanc. Travailler plus pour gagner plus, chacun pour soi et Dieu (ou pas) pour tous. L’ego touche même les idées.

Les belles, les grandes idées, sont purement et simplement ignorées. Ceux qui font des débats sont marginalisés. Ou fuit la politique, devenue trop politicienne. Certains se revendiquent apolitique. Et là, le bat blesse.

La politique signifie la gestion de la cité. Gérer notre espace, l’espace où on vit. L’espace vécu, diraient les géographies. C’est donc quelque chose qui concerne tout le monde. L’eau qu’on boit, la direction de l’économie, la manière de vivre ensemble.

Mais des années de dégoûts ont laissé leurs traces. Un illettrisme de la culture politique s’installe. Les grandes idées du passé ? Oublié. Les bêtises du passé ? Oublié. Et on les reproduit. Sans passé, guère de futur. Et les extrémistes profitent de cette méconnaissance, pour glisser de manière insidieuse leurs pensées nauséabondes. Conséquence ? Une radicalisation du débat. Débat est un mot bien trop fort : une chamaillerie serait plus adéquate. Les querelles sont devenues byzantines : une virgule, un mot à changer dans une loi. On en oublie les problèmes concrets : quel futur veut-on ?

Des tentatives sont là pour apporter de nouvelles idées. Des coalitions de nouveaux partis, se forment pour faire entendre leurs voix. Mais on les taxe d’extrémistes. Un bien grand mot, permettant de jeter l’anathème, pour laisser place aux partis sclérosés ayant perdu leur idéal, défendu par ceux qu’ils ont eux-mêmes bannis. Les extrémistes, les vrais, sont, quant à eux, rentré dans la cour royale et sont devenu comme les nantis : une norme, un modèle à suivre. Ils ont été anoblis. Et tout ce qui n’est pas noble ne doit pas être digne d’intérêt.

La République s’effondre sous son propre poids, par ses fastes et ses dorures. L’ego démesuré, chantant la douce mélodie d’un mirage lointain, occulte l’essentiel : la ville est en feu. Les bâtiments brûlent. Mais, dans la cour, que nenni, profitons de la vie. Après tout, si nous sommes heureux, tous l’est aussi ?

Les fondations de la République sont gangrenées par les injustices, par la haine et les frustrations découlant de celle-ci, la déception et la rancœur. Le poids de plus en plus lourd de l’ego exerce une pression de plus en plus forte sur une fondation en peine à supporter tout ça. Les flammes du mécontentement lèchent de plus en plus intensément et de plus en plus haut la République. Le système va s’écrouler, c’est sûr et certain. La question est de savoir quand.

Ce dimanche, il me restera qu’un goût amer d’avoir laissé gâché un combat dont des hommes et femmes sont morts, et de n’avoir laissé qu’une ombre d’un rêve avorté.

Mon vote, au final, ne servira qu’à retarder le moment fatidique où les loups consommeront les moutons.

l’équinoxe de printemps, un renouveau pour de nombreuses cultures

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Aujourd’hui, c’est l'équinoxe de printemps. Les oiseaux chantent, les fleurs florissant. Mais c'est aussi le nouvel an pour de nombreuses cultures et religions.
On retrouve bien sûr le traditionnel Norouz, une fête persane datant d’au moins 3000 ans, et qui trouve ses origines dans le zoroastrisme. La symbolique est forte : de la même manière que la nature renait, l'année aussi renaît. Une belle histoire poétique.
Mais il n'y a pas que les zoroastriens qui fêtent Norouz. Tout le monde persan le fête, de toutes les religions et cultures. 300 millions de personnes dans le monde le célèbre, dans toute l'Asie, du Moyen-Orient à l’Asie centrale. Cette fête fait partie du u patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.
De la même manière, la venue du printemps est l’occasion pour de nombreuses civilisations de faire la fête, avec diverses symboliques, toutes portant sur l’idée de renouveau. On peut citer l’exemple du Phälgunotsava, en Inde, du Shunbun no hi au Japon, la fête des mères dans certains pays arabes (notez la symbolique avec la fertilité). De nombreuses fêtes se calculs à partir de ce moment astrologique : Pâques, la fête des moissons au Royaume-Uni…
Et puis-ce que c’est la fête, on peut être heureux, au moins une journée.

Sources




Vers un État policier ?

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Voici un article rédigé par le Schyzophrène Asynchrone
Si vous suivez l’actualité, vous avez dû remarquer deux événements. Deux événements apparemment sans lien immédiat.
Tout d’abord il y a cette loi, dite de programmation militaire, votée pendant les vacances parlementaires, ou peu s’en faut, dans l’indifférence la plus totale.
Elle autorise, entre autres réjouissances, le blocage administratif de sites web. Un blocage de site web, c’est quand on vous empêche d’accéder à un site. Un blocage administratif de site web, c’est quand la police décide quel site va être bloqué. Donc sans passer par un juge.
Déjà là, le bât blesse et on sent venir les problèmes de constitutionnalité (séparation des pouvoirs, #toussa…). Mais ne vous en faites pas, le pire est à venir.
Cette loi avait été voté pour bloquer les sites de téléchargement illégal, type thepiratebay & cie. Bah, pourquoi pas après tout, tout le monde sait que c’est illégal, HADOPI, #toussa, bon là ils veulent passer au niveau supérieur, c’est pas comme si ça allait nous empêcher de télécharger…
Mais attendez, attendez ! Voici le deuxième événement dont je vous avais parlé, que vous n’avez pas pu rater si vous suivez l’actualité. D’ailleurs, même si vous ne la suivez pas, vous ne pouviez pas passer à côté. Il s’agit, bien entendu, de l’attentat à Charlie Hebdo.
Vous allez me dire, quel rapport entre cet attentat et le blocage de site de téléchargement illégal ? Quel rapport ? j’y viens.
Le rapport n’est pas tellement avec l’attentat en lui-même qu’avec les mesures « d’exception » qui ont été prises à la suite de celui-ci.
Certains penseront au plan Vigipirate, mais ce n’est pas lui. Mais quoi alors ?
Vous vous souvenez de cette loi sur le blocage de site web ? Eh bien maintenant, ce ne sont plus uniquement les sites de téléchargement qui sont bloqués, mais aussi ceux faisant l’apologie du terrorisme. Vous me rétorquerez que si un site a été déclaré illégal, il n’y a pas de problèmes à ce qu’il soit bloqué. Je vous répondrai gentiment de relire ce qui a été dit au-dessus et de vous pencher de plus près sur la signification du mot « administratif ». C’est un juge qui décide de ce qui est illégal ou non. Et ici, ils n’ont pas voix au chapitre. C’est un policier qui, dans son bureau, va décider que tel site lui paraît illégal et va envoyer l’ordre de le bloquer. C’est de cette manière que le site d’information musulman islamic-news.info a été bloqué. Je n’ai pas pu voir si celui-ci faisait effectivement l’apologie du terrorisme, il semble mort.
Et voilà que, s’ajoutant à tout cela, un député veut bloquer les sites qui disent du mal des élus.

Que dire ? Que c’est totalement contraire à la liberté d’expression ? À la constitution ?
Imaginons, juste imaginons, que je veuille dire du mal du terrorisme et que je le fais ici. Si, par la suite, les terroristes gagnent la guerre – car nous sommes en guerre, faudrait pas l’oublier – et que l’on se retrouve avec un gouvernement terroriste suite à une occupation du territoire car c’est comme cela que finissent les guerres, alors, le site de l’Étudiant Libre sera-t-il voué à la censure – car c’est bien de cela qu’il s’agit – parce que j’ai un jour critiqué ici le terrorisme ?
Si mes élucubrations vous paraissent trop fantaisistes, remplacez « terrorisme » par « Front National », ça revient au même. Personnellement un régime qui autorise ça, j’appelle ça une dictature.
Vous allez me dire que j’exagère. Certes, mais à peine.
Voici le tableau : il est interdit de dire du mal du pouvoir en place sous peine d’être censuré, pendant ce temps, Valls veut déchiffrer les messages chiffrés pour pouvoir espionner tout le monde (au passage, la vie privée fait aussi partie de la constitution, mais visiblement c’est pas un problème).
Censure des opposants, surveillance généralisée… Chouette programme !
Quant à ce qui concerne la dictature, Montesquieu disait qu’un pays qui n’a pas de constitution n’est pas une démocratie. Et visiblement, à l’heure actuelle, la nôtre ne vaut plus grand-chose…

Sources


http://lehollandaisvolant.net/?d=2015/03/10/16/30/45-censure-generalisee-les-elus-la-reclament
http://genma.free.fr/?Censure-des-sites-en-France
http://reflets.info/censure-et-surveillance-administrative-lessence-de-la-tyrannie/
http://www.numerama.com/magazine/32494-10-problemes-poses-par-la-censure-d-islamic-newsinfo.html

[brève] La liberté, réellement ?

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De nombreuses personnes disent que la vraie liberté, c'est de se débarrasser de Dieu. Nietzsche disait que Dieu était mort. Mais ces personnes ne l’ont pas remplacée par d'autres idoles ? La science, le foot, le logiciel libre, l'humanité, l’argent, la politique… Et que finalement, l’Homme doit croire en quelque chose, et qu’il soit impossible d’être totalement indépendant ?
Ne blâmons personne, évitons juste les extrêmes et que l’égo prennent le pas sur notre esprit d’ouverture. Personne n’a ni tord, ni raison, seulement une vision différente du monde.

Repenser le SMS chiffré

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Aujourd’hui, j’apprends que OpenWhisperSystems abandonne le chiffrement des SMS dans son application phare, TextSecure.
Bien sûr, les arguments ne me satisfont pas trop : non, la dictature n’est pas uniquement dans les pays des « suds ».
Comme d’habitude, on va chercher une alternative ou attendre le fork. Ils disent que la 2,6.0 sera la dernière avec chiffrement des SMS.
Sinon je me pose une question : pourquoi pas utiliser GPG dans les SMS ?

#educationisnotacrime ou comment l’Iran empêche une minorité à avoir accès à l’éducation

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A l’occasion du Education Is Not A Crime Live 2015 à Los Angeles, Nader m’a envoyé un petit courriel pour que je diffuse un article. En effet, en Iran, certaines minorités n’ont pas le droit à aller à l’école. Il nous explique pourquoi. Dans un précédent article, je disais que l’éducation permettait un changement profond de la société.

L’éducation est quelque chose de primordiale. Savoir lire, écrire, compter, connaître le monde qui nous entoure et le comprendre. Plus qu’une chance, c’est un privilège. Mais certaines personnes dans le monde en sont dépourvues. Pas qui le veulent pas au contraire, ils en rêvent. Pas qu’il n’y a pas d’école, au contraire, il y en a de très bonnes. Non, simplement parce que leur gouvernement leur en empêche. Pourquoi ? Parce qu’ils sont nés dans une minorité qui, depuis le XIXe siècle, est opprimée. Je veux bien sur parler des Baha’is en Iran. À l’occasion de la campagne de #educationisnotacrime, je vais revenir sur un fait qui est pas tant parlé dans les journaux. Un crime quasiment silencieux.

Revenons en 1840. La société iranienne est en pleine débandade. C’est une société corrompue, les chefs spirituels et temporels préférant les vanités de ce monde et aux plaisirs de la cour, plutôt que de se soucier par exemple des pauvres. Un jour, un marchand de Chiraz, surnommé le Báb (la porte en persan), a décidé de réadapter l’Islam pour répondre aux problèmes de l’époque (de la même manière que le Christ a réformé le judaïsme en apportant le christianisme), en adoptant la forme d’une nouvelle religion. Oh rien de bien méchant, quelques réformes qu’il a écrit dans un livre, le Bayan. Bien sûr il y a eu une vague en Iran, des personnes adhérant à cette nouvelle religion et des personnes, surtout voulant garder leurs privilèges, étaient contre. Le Bab à dit qu’il n’était qu’un messager annonçant la venue de quelqu’un de plus important, Bahá’u’lláh (qui ne savait pas à l’époque que c’était lui, c’est une longue histoire). Ce personnage est le fondateur du baha’isme[1]. Ce personnage était le fils d’un ministre : à lui la richesse et le pouvoir. Mais il décida de tout abandonner[2] et de proclamer son message. Oh, trois fois rien : l’égalité homme/femme[3], une redistribution des richesses, que l’humanité est une, que toutes les religions ne sont des facettes d’une seule et même, la recherche indépendante de la Vérité (et donc abolissant le clergé), que les religions n’étaient qu’une vérité relative, car adapté à la capacité de compréhension de leur époque[4]… Bien sûr, cela ne plaisait pas aux mollahs, l’autorité religieuse chiite.

Ces derniers ont donc décidé de faire une campagne contre les baha’is. Ils sont donc accusés de tous les maux : espions tour à tour britanniques, russes, israéliens selon l’ennemi du moment. Bahá’u’lláh ne doit sa survie qu’au fait de sa condition de noble, mais fut exilé jusqu’aux confins de l’empire ottoman, à Saint-Jean d’Acre[5].
Au début du XXe siècle, les Baha’is ouvrirent une école ouverte à tous. Qu’importe le sexe ou la religion. Elle était prestigieuse. Les grands notables envoyèrent leurs enfants dans cette école.
Mais le clergé ne voyait pas ça d’un bon œil. Après tout, toute religion postérieure à l’Islam est mauvaise[6], non ? Et depuis quand la femme est l’égal de l’homme ? Et surtout, pourquoi remettre en question l’autorité du clergé ?

Durant la Révolution constitutionnelle, au début du XXe siècle, de nombreux changements eu lieu. Le peuple iranien demandant un parlement, la liberté de la presse, une indépendance vis-à-vis de l’Occident. Une des premières constitutions orientales. Bien que les zoroastriens, juifs et chrétiens furent juridiquement protégés, les Baha’is en furent exclus. Et c’est parti pour des décennies de discrimination. Pendant ce temps, les Baha’is travaillèrent pour donner plus de droits aux femmes… Bref, ils essayaient comme ils pouvaient de changer leur société pour la rendre meilleure.

La situation va mieux avec Reza Shah et son fils Muhammad Reza Shah, leur donnant une égalité avec les autres citoyens. C’est une période courte, de 1925 à 1979. Néanmoins, il nomma un premier ministre issu du clergé nationaliste. En 1955, ce ministre envoie l’armée dans un centre baha’i (où se réunissait les baha’is régulièrement) pour les chasser. Des propriétés des Baha’is sont saisies. Cette période est relativement calme (comparativement à ce qui arrivera après) malgré des épisodes de répression.
Mais à la Révolution de 79, le clergé, ayant gardé un goût amer, décide de priver de droits les Baha’is. On rentre dans une période de tension permanente. Les révolutionnaires font une propagande anti-baha’is, en les dénigrants. On les force à se convertir à l’Islam. On assiste à des exécutions de masse. On empêche les baha’is d’exercer certains métiers. L’université est interdite pour eux. Une université de l’ombre, la BIHE pour Bahá’í Institute for Higher Education, est crée pour permettre aux jeunes d’étudier.

Dans les années 2005, un discours de haine à lieu. Des journaux et des tracts de propagande anti-baha’is dont diffusés. Les cimetières sont profanés. Des baha’is sont jetés en prison juste à cause de leur foi. Si vous voulez en savoir plus, une page Wikipédia en anglais relate les persécutions.

Et pendant 170 ans, alors que les violences sont de plus en plus fortes, les baha’is continuent de résister pacifiquement. L’Iran, en privant d’éducation, viole les droits humains.

Je tiens à préciser que ce texte n’est pas écrit dans une volonté de prosélytisme. Je veux juste faire connaître à la terre entière une injustice peu connue et rendre hommage à une minorité qui continue de résister pacifiquement malgré la violence de la répression.

L’amélioration du monde peut s’accomplir par des actes purs et bons, par une conduite louable et convenable.Bahá’u’lláh

La Terre n’est qu’un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens. Bahá’u’lláh

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille :

le film To Light a Candle, par Maziar Bahari et le site dédié educationisnotacrime.me dont ce texte est une traduction libre. Il parle des actions du gouvernement pour empêcher les baha’is d’aller à l’école.
le film Iranian Taboo de Reza Allamehzadeh parlant des persécutions faites aux baha’is
Le site officiel des baha’is de France bahai.fr et de la communauté internationale bahai.org
Un article intitulé «  RELIGIONS – Les bahá’ís en danger : la situation des droits de l’homme en Iran à un tournant ? »
  1. en effet, on peut considérer le Bab comme celui qui annonce la venu de Bahá’u’lláh de la même manière que Jean-Baptiste a annoncé la venu du Christ ^
  2. à vrai dire, il se souciait guère des fastes de la cour. Il était surnommé le père des pauvres : il s’occupait de la misère autour de lui ^
  3. une des premières féministe iranienne était baha’i, pour l’anecdote ^
  4. ça vous parait normal tout ça ? Imaginez le contexte de l‘époque ! Révolutionnaire ! ^
  5. ce qui explique historiquement la localisation de l’administration baha’i. Sa construction étant antérieur à celle de l’État hébreu, la propagande iranienne disant que les baha’is soutiennent Israël est fausse. D’ailleurs, si les baha’is ne travaillent pas dans l’administration, ils n’ont pas le droit de vivre dans ce pays pour éviter de nourrir ce genre d’allégation ^
  6. Chez les musulmans, Mohamet est surnommé le sceau des prophètes c’est à dire le dernier. Pourtant, il dit aussi qu’il y aura d’autres après lui. ^